mardi 12 octobre 2010

2010 et des bâtons.

Aujourd'hui, les ordinateurs d'hier tiennent dans nos poches. Aujourd'hui, la connexion coule à flot, quand encore hier elle se déversait timidement. Aujourd'hui, les véhicules sont automatisés.

Et oui. Votre Smartphone qui vibre pour vous indiquer une alerte Facebook en push via la 3G, avant que vous ne montiez dans la ligne 14 du métro de paris est une situation qui résume tous ces quotidiens.
Ainsi, votre téléphone mobile est désormais le digne descendant de votre vieux PC Nec, qui prend la poussière dans un coin de la piaule. Non content d'être terriblement plus petit, votre téléphone est probablement aussi plus puissant.
Mais il y a quinze ans, votre ordinosaure était neuf! Et votre contrat RTC au 56k chez Libertysurf était tout frais! Cinq heures, c'était en moyenne le temps qu'il fallait pour charger cinq pages Web. Bon, d'accord, j'en fais peut-être un peu trop. Mais aujourd'hui, même avec de mauvaises conditions, la 3G+ c'est une moyenne de 1mO et c'est sans fil. Magique en plus, on peut continuer de recevoir ses appels!
Tout comme les réseaux de transmissions, les réseaux de transports eux aussi, ce sont fluidifiés, automatisés. Et les vivants sont transportés par des machines bardées de capteurs et systèmes d'interprétations, dont le pilote est une unité informatique.

Et sinon, aujourd'hui, la canne blanche est un bâton. ... Tiens, tout comme hier, en somme. En 1930 lorsque Guilly d'Herbemont rendait populaire ce moyen de prévention et de protection, l'avancée en terme de confort et de sécurité était notable. Et depuis, rien. Quatre vingt ans ont passé tranquillement.
On pourra me rétorquer que la canne blanche est un marché de niche et trop restreint en terme de quantité, pour pouvoir bénéficier d'un développement aussi soutenu que les nouvelles technologies que j'ai évoqué plus haut.
Un marché de niche, oui, trop restreint en quantité, là, j'en doute, surtout à l'échelle mondiale. Et quand bien même les évolutions seraient plus lentes à poindre que dans d'autres domaines, d'accord mais maintenant, ça commence à faire vraiment long, non?
On peut certes noter quelques balbutiements qui commencent à faire émerger le terme de canne électronique, mais ces technologies semblent au vue de leur propagation, plus anecdotiques que pragmatiques. Pourtant, en s'appuyant sur des standards communs, il y aurait moyen de faire évoluer industriellement la canne. Sous réserve d'y mettre le prix néanmoins.
En concentrant le système numérique dans le manche, chacun pourrait décider d'acheter celui qui lui convient et le reste de la canne de toute façon serait à un tarif fixe.

Du plus simple au plus complexe, la canne blanche pour moi devrait être:
1. Télescopique. Bien plus rapide à plier donc et économe en place.
2. Equipée de Bluetooth, pour activer les feux sonores et prévenir un face à face cannesque. On peut aussi imaginer une compatibilité avec Blue Eyes et tout autre système tirant partie du Bluetooth.
3. Equipée d'un système de faisceau infrarouge ou laser, pour augmenter virtuellement la portée de la canne, comme le propose le Tom Pouce et le Télétact. Sauf que là, l'intégration à la canne devrait être de série.
4. Equippée enfin, d'une puce GPS et d'un logiciel de cartographie.

Rien de tout ceci n'est irréalisable; vraiment. Alors, on l'ouvre cette entreprise?

Et pour vous, que devrait comporter la canne parfaite? Qu'en attendriez-vous?

jeudi 3 juin 2010

NVDA, un (mieux que Jaws?) gratuit

J'imagine que chaque lecteur de ce blog ou presque connaît l'ancestral lecteur d'écran, Jaws "Job Access With Speech" initialement commercialisé par feu Henter-Joyce Corporation. Développé depuis quinze ans exactement pour Windows, JFW acronyme de Jaws For Windows et aujourd'hui propriété de la société Freedom Scientific est l'un des lecteurs d'écran les plus populaires. Tout simplement parce que l'un des plus connu.
Néanmoins, son prix exorbitant, autour des 1800 Euros, sa politique de distribution, une licence par machine et sa stagnation technologique, en font un produit de plus en plus en marge des réalités économiques et technologiques. Ajoutez à cela un vendeur et des revendeurs méprisants et vous finissez par en conclure que Jaws devrait être librement distribué sans tous ces fâcheux. Evidemment, il n'existe aucun crack afin de s'affranchir d'un quelconque achat. The Pirate Bay ne pourra rien pour vous... Probablement.
Trêve de duperie, stop à l'ironie, vive HADOPI... EH, on arrête, j'ai dis. Bon. Alors...
Il existe une alternative au monopolistique - lisez bien le stique - au monopolistique, disais-je, Jaws For Windows. Et elle se nomme NVDA.

D'un point de vue factuel et synthétique, l'acronyme NVDA signifie NonVisual Desktop Access (Accessibilité aux Non-Voyants du bureau/système) et est initialement et jusqu'à nos jours, développé par Michael Curran durant 2006, pour devenir librement téléchargeable dès 2007. Codé en Python, cette revue d'écran est distribuée sous la licence GNU General Public License (Version 2), ce qui est plutôt exquis si vous avez des convictions idéologiques proche du logiciel libre. Grâce à l'aspect Opensource de NVDA, une communauté de développeurs se cré petit à petit autour du projet jusqu'à ce que la fondation Mozilla puis la société Yahoo! apportent un soutien économique supplémentaire, ne faisant que renforcer les avancées de NVDA.

Concrètement, maintenant. NVDA, que ce soit sur XP, Vista, 7 ou les éditions Server de Windows, en 32 ou 64 bits, offre l'accès aux applications les plus usuelles. Relever ses courriels avec Thunderbird ou Windows Live Mail/outlook, naviguer avec Internet Explorer ou Firefox toutes versions confondues, discuter avec Windows Live Messenger, Skype ou Miranda IM, utiliser des traitements de texte tel que la suite Office ou vérifier ses PDF avec Acrobat, tout ceci est possible. La liste n'est évidemment pas exhaustive, sachant qu'en général, ce que Jaws interprête, NVDA le retourne aussi.

Alors, pourquoi utiliser NVDA, si le rendu est globalement réciproque?
1. Parce que NVDA a un code ouvert. Et qu'il évolue très rapidement, contrairement àux fonctionnalités de Jaws, généralement statiques durant tout une année.
2. Parce que NVDA est gratuit. Quasiment 2000 Euros pour Jaws.
3. Parce que l'installation est légère. Comprendre que vous ne retrouverez pas trois ou quatre items différents dans le panneau de configuration pour désinstaller NVDA, comprendre aussi que l'installation est très rapide, contrairement à Jaws.
4. Parce que NVDA peut s'exécuter d'une clé USB, sans avoir le moindre composant à installer. Rendant tout ordinateur sous Windows accessible dès lors qu'il est équipé d'une carte son et d'un port USB. Ah, nouvellement Supernova aussi... Il paraît qu'on en fait la promotion à Science-po, mais ça vous fera 1200 Euros de plus.
5. Parce que NVDA est capable de lire ce qui passe sous le pointeur d'une souris. Ce qui laisse augurer de bonnes choses à venir avec les tablettes sous Windows 7.

N'y a-'il alors que des avantages?
En prenant la peine d'y accorder quelques minutes de configurations, on ne peut quasiment que répondre par l'affirmative. La synthèse Espeak livrée en standard peut certes être considérée comme assez désagréable. Néanmoins, il existe au moins trois remplaçants intéressants, qui sont le très connu IBM Viavoice dit Eloquence sous Jaws dont vous trouverez la procédure d'installation par ici, la synthèse Mbrola avec les indications par là et le synthétiseur libre Svox Pico, dont j'expliquerai l'installation très simple, dans un prochaine article lié aux évolutions de NVDA.
Concernant d'autres désavantages éventuels, sachez que vous ne retrouverez pas pour le moment l'équivalent du curseur Jaws, équivalent d'un pointeur de souris, assez pratique pour se déplacer dans des applications mal balisées. Bonne nouvelle néanmoins, cette lacune devrait bientôt disparaître.

En définitive, NVDA est libre et gratuit, multilingue, léger, évoluant sans cesse jusqu'à dépasser Jaws, portable sur clé USB, exécutable sur tous les systèmes Windows et compatible avec quasiment toutes les plages brailles du marché. Au niveau des sources, le site Francophone de NVDA dont j'ai tiré deux articles au-dessus se trouve ici et vous offrira un support en Français.
Le site officiel en Anglais c'est par là avec tout plein de mise à jour fréquente, où vous trouverez par ailleurs directement sur la page d'accueil, la dernière release stable de NVDA 2010.1.

mardi 1 juin 2010

Entre révolution et néant

En version finale, pour la première fois sur les trois plate-formes principales, Google Chrome version 5 a récemment été libéré. Preuve que la firm prend confiance en son navigateur et lui ambitionne un grand avenir. Et honnêtement, il est difficile de la contredire étant donné toute les qualités de Google Chrome. Légèreté, rapidité d'affichage et d'exécution de code JS, prise en charge de plus en plus avancée du HTML5, système d'extension, base Opensource, interface ultra épurée et efficace... Que reprocher à ce navigateur, à part sa licence propriétaire? Dans ce cas là, on se rabat sur le projet libre, Chromium et tout va bien.
Sauf pour les utilisateurs de revue d'écran. Ne me demandez pas pourquoi je fais une fixette sur Google Chrome, il est vrai que j'avais déjà testé la version 2, je remets le couvert avec la 5 et force est de constater que rien ne va mieux. L'installation est accessible, la barre de menu aussi globalement, tant avec Jaws qu'avec les derniers snapshot de NVDA et c'est tout. Je m'étonnes toujours autant de se manque récurrent d'accessibilité. Et c'est vraiment énervant de la part d'une société aussi puissante que Google et surtout, qui est capable de coder trois versions majeures en à peine un an. Parce qu'autant dire qu'à ce rythme, c'est une goutte d'eau pour leur équipe que de se soucier un temps soit peu de l'accessibilité et rien ne change pourtant! Faudrait-il faire une pétition? Pensez-vous que ce puisse avoir un impact? Il faudrait évidemment qu'elle soit aussi rédigé en Anglais, afin de cibler le plus de personne possible hors des pays Francophones. J'attends vos avis.

Une révolution qui s'annonce par contre, c'est Androïd, l'OS pour devices mobile, toujours concocté par le géant de la recherche. Révolution, pourquoi?
Parce que ce système lancé fin 2008, équipe aujourd'hui plus d'une cinquantaine de Smartphones différents et que la centaine ne tardera pas d'être atteinte. Parce que poussé par Google, ce système risque de s'étendre un peu partout, que ce soit dans les Smartpohnes évidemment, les tablettes internet et multimedia, les box pour télévisions et que sais-je encore. Là où la révolution semble s'annoncer, au-delà du profit Googlesque, c'est que l'OS tourne sur un noyau Linux et qu'il est en grande partie Opensource. Ce qui signifie capacité d'adaptation et d'évolution gigantesque, pour le plus simple de nos appareils bénéficiant du système. C'est le retour à la bidouillabilité potentielle, que nous perdons de plus en plus au travers de firmwares aussi présents que fermés. *Petite digression:
En effet, la démocratisation du logiciel, de l'OS, du firmware, prenez le terme qu'il vous plaira, ne va pas de paire avec la capacité à le comprendre. Massivement utilisé, les industriels enferment le consommateur dans une logique d'utilisation très encadrée. Aujourd'hui, tout le monde ou presque sait allumer son ordinateur et consulter une page Web tout en discutant sur Windows Live Messenger. Et après? Après, sitôt qu'un problème ou un questionnement survient, l'utilisateur est généralement en difficulté pour y répondre. Opposé au système de lobotomisation ou de simplification à l'extrême, l'Opensource est une alternative très heureuse.*
L'implantation massive d'un tel système est a priori donc une bonne nouvelle. Pour tout le monde. Plus particulièrement, en ce qui concerne les utilisateurs de lecteurs d'écran, Androïd intègre Talkback depuis la version 1.6 (corrigez mon erreur si je me trompe) et fait partie du projet
Eyes-Free Project qui se donne pour mission de créer et rendre des applications Androïd accessibles. Le potentiel est donc énorme, avec un système qui prévoit d'inonder le marché tout en proposant un lecteur d'écran. Ca signifie dans le meilleur des mondes, que l'accès à tout ce qui est écrit sur votre télévision, sur votre tablette ou smartphone, votre micro-onde ou que sais-je encore, est accessible dans les faits. Plus particulièrement dans la gamme des Smartphones/Superphones, ça signifie qu'il n'y a plus besoin d'acheter un logiciel supplémentaire pour vocaliser le système du téléphone. Ce qu'a for bien commencé Apple avec l'Iphone 3GS, Androïd le continu. La différence, c'est que ce n'est plus cantonné à un modèle, mais à une multitude de modèles et même de marques. Choix dans les capacités, le form factor et le prix. Voilà, pour l'aspect révolutionnaire théorique. Dans les faits néanmoins, Talkback est encore limité et ne prend par exemple pas encore en charge le navigateur Web, le client mail et partiellement des fonctions tel que l'agenda, de ce que j'ai pu lire. On peut se dire que cela est amené à évoluer assez rapidement, grâce aux nouvelles versions d'Androïd qui sont régulièrement libérées par Google. Seul problème et déception dans le cas de la dernière et récente version 2.2, il semble que le système n'offre pas plus d'éléments pour interagir avec le lecteur d'écran. Cela signifie du surplace en terme d'accessibilité pour cette nouvelle version et c'est un peu dommage. Et si Google poursuit dans cette voie, ce sera effectivement une révolution. Muette. Laissant de côté les utilisateurs de lecteurs d'écran.

Allez. Tu as les idées et la force. N'en prive pas une partie des utilisateurs, Grand Frère qui voit tout...

dimanche 2 mai 2010

DANAM, un autre moyen de localisation dans les couloirs de la RATP.

L'acronyme DANAM signifie Dispositif d’Aide à la Navigation des personnes Aveugles dans les couloirs du Métro. Ce nouveau projet dont je m'en viens vous parler après test, est piloté par le CEA avec pour partenaire principal la RATP.

Contrairement à BlueEyes dont j'avais parlé ici, le dispositif DANAM est On-Board et déconnecté.
C'est-à-dire?
C'est-à-dire, que la capacité du système de guidage ne dépend ni d'un réseau Bluetooth/ou peu importe le prrotocole de transmission, ni d'une information qui nécessite une actualisation par ce réseau à un instant T.
En effet, DANAM après avoir chargé à la demande de l'utilisateur un point de départ et un point d'arrivé, utilisera un système de cartographie embarqué de la station, afin de guider l'utilisateur jusqu'à sa destination (aspect On-Board). Pour proposer une localisation sur la dite carte et offrir le guidage demandé, DANAM s'appuie sur des données diverses fournie par des capteurs de mouvements, tel que la mesure des accélérations et des vitesses de rotations (aspect déconnecté). En conséqence de ce calcul, le système délivre les informations à suivre.
Néanmoins, le principe de l'interprétation du placement utilisateur sur la carte au moyen d'un système de capteur de mouvement, trouve rapidement ses limites du fait de l'imprécision relative à ce dernier outil. Pour pallier à cette différence entre utilisateur sur la carte et utilisateur dans l'environnement réel, le logiciel demande à être recalibré lorsque le porteur de DANAM se trouve au point donné. Ainsi, il pourra par exemple lui être demandé de valider sa position lorsqu'il se trouvera en bas d'un dit escalier. Ceci fait, le logiciel sera alors en mesure d'éliminer le différentiel plus ou moins conséquent entre l'endroit virtuel et l'endroit physique.

En pratique, DANAM m'a véritablement bluffé par la précision des indications appportées sur la station test, Bercy et en comparaison de BlueEyes, le guidage est plus précis. Mes allers retours au coeur de la station, entre ses différentes lignes, n'ont jamais connus de ratés. Le logiciel ne me demandait qu'une seule faveur, un ou deux calibrage par trajet à des points clés, ce qui était fait en un clic. Les instructions étaient communiquées via la synthèse vocale Virginie il me semble, intégrée au logiciel. A tout moment, il m'était possible de faire répéter l'instruction à venir, là encore en un seul bouton.

Il reste néanmoins encore beaucoup d'inconnus, auxquels BlueEyes répond pour sa part. En ce qui concerne l'interface utilisateur, tout d'abord.
Si elle semblait relativvement finaliser tant d'un point de vue matériel que logiciel dans le cas de BlueEyes, ces deux points demeurent encore obscurs du côté de DANAM. En effet, l'application tournait sur un PC portable placé sur mon dos dans un sac. Du sac à ma cheville, descendait un fil jusqu'à une centrale inertielle, qui était le type de capteur de mouvement retenu pour ce test. Enfin, dans la main qui ne tenait pas la canne, j'étais équippé d'un boîtier ressemblant fortement à une petite souris optique sans fil à trois boutons, pour pc.
On le voit, tout ceci n'est pas bien ergonomique d'un point de vue matériel et on se doute que ce dispositif n'était valable que dans un cadre de test. Donc, la configuration matérielle, inconnue; tout comme celle logiciel, qui était pilotée directement sur le PC par les personnes chargées de recueillir les résultats. Il n'y avait pas de retour vocale à ce moment là.
Ces éléments, encore inconnus, sont cruciaux pour la suite. Le support matériel, selon qu'il est évolutif ou non, qu'il est destiné à un boîtier particulier ou uniquement software, selon la qualité du/des capteurs utilisés, selon l'encombrement et la simplicité de mise en place en situation de déplacement, etc, feront que le produit sera plus ou moins adapté. Et cela vaut aussi pour la partie logiciel, qui doit être fluide et intuitive, avec un retour vocal de qualité, être stable et idéalement être multi-plateforme. Il reste donc beaucoup de choses à voir. Enfin, si le système m'a vraiment convaincu en ce qui concerne la partie guidage, notons qu'il sera nécessaire de pouvoir disposer d'une base de donnée relativement importante des stations de métro parisienne pour que cela devienne intéressant. Et à mon avis, c'est un long travail que de consigner sous forme de carte, une station dans ses moindre détail, afin que le logiciel ne décroche jamais. Car oui, le plan à intérêt de bénéficier, c'est évidemment le prérequis, d'une précision extrême. A suivre de près donc, le début est prometteur en tout cas.

mardi 27 avril 2010

Cinéma et jeu vidéo, adaptations audio.

Dans son 19/20, France 3 consacrait hier un reportage à l'audio description dans le cadre du septième art.
Je n'ai rien contre. Ni contre le reportage, ni contre l'audio description. Pour autant, deux choses:

Le reportage en lui-même, sauf à apporter une information présentative du système, n'offrait aucune piste afin d'entrevoir une réponse quant au manque de films audio déccrits. Le constat seul était posé. Dès lors, l'intérêt du traitement me semble assez limité, surtout dans le cas d'un sujet si marginal. Non pas qu'il ne faille pas en parler puisqu'il l'est, mais plutôt proposer des ouvertures. Enfin, peut-être et-ce parti d'une bonne intention en pensant à l'amour que porte notre gouvernement quant à la légifération à chaque fait divers.
Je dérive...

Au-delà du contenu rédactionnel, (attention, avis subjectif), je ne trouve pas l'audio description franchement nécessaire. Elle me dérange d'ailleurs plus qu'autre chose. Probablement parce que j'ai toujours regardé des films sans. L'exercice de la thèse et de l'antithèse me pousse néanmoins, à considérer que l'on ait aussi à mon inverse toujours regardé des films au travers de l'audio description et que ce puisse alors devenir franchement désavantageux de ne bénéficier que de si peu de support. D'autant que si je considère cette technique relativement inutile, je suis forcé d'avouer qu'elle apporte parfois, quelques détails bienvenues.
Seulement, le contexte et le cotexte du schéma narratif ainsi que celui de l'intrigue, le rôle et le comportement du personnage, la musique et les sons relatifs aux actions ainsi que l'explicitation de beaucoup de points clés dans le dialogue, sont nombre d'élément qui si on y est sensible, valent autant qu'une bonne audio description.

Il y a néanmoins des domaines qui ne profitent pas de toutes ces perspectives et qui demeurent alors bien plus inaccessibles. Je pourrais parler de systèmes d'exploitation et firmwares ou de manière encore plus particularisante, de navigateurs web. Seulement, le sujet est vaste et en reprenant le point de départ de cet article, notons qu'il concernait uniquement le cinéma et ses adaptations. Le cinéma étant un art et un divertissement, j'ai à vrai dire à la diffusion du reportage de France 3, tout d'abord pensé à un autre domaine de divertissement et autrement plus inaccessible que le cinéma.
Un divertissement qui s'il était encore anecdotique il y a une quinzaine d'années, commence quarément à soulever la question "est-ce un art"? La simple interrogation relative à ce domaine suffit à légitimer l'importance de ce nouveau nez qu'est le jeu vidéo.
A l'heure des consoles de jeux next nextgen et celui des ordinateurs toujours plus puissants allant de paire avec une démocratisation de leur tarif, il devient de plus en plus possible de concilier jeu vidéo et bande son adaptée. Les stratagèmes sont nombreux. Utilisation de la stéréo, de la vibration dans la manette, des variétés de résonnances selon l'environnement et le placement dans l'environnement, d'audio descriptions lorsque c'est vraiment nécessaire, de bip variant dans la hauteur, l'intensité et la rapidité selon la situation, etc... En combinant ces stratégies sans exclure d'en ajouter de supplémentaire, tout ou quasiment, devient adaptable. Certains jeux présenteraient plus d'intérêt que d'autre, en effet, mais la plupart seraient agréables à jouer. Je ne vois pas en quoi un jeu aussi énorme qu'un GTA serait inaccessible si les développeur prenaient la peine d'y rajouter quelques astuces sonores. Quake, le fameux FPS des années avant 2000, dès l'or que ses sources ont été libérées, c'est rapidement mué en de multiple déclinaisons appelées mod. Il est alors devenu entre autre Audioquake. Oui, les FPS même sont adaptables. Ce cas est un peu particulier, dans le sens où il n'est pas commercialement motivé. On en arrive toujours au même point, finalement. C'est faisable, mais ça ne rapporte pas. Alors, qui veut porter sa candidature à Rockstar Games, Ubisoft, Blizzard ou Electronic Art pour motiver tout ça?

Au final, on pourra me rétorquer que c'est un peu fort de comparer cinéma et jeu vidéo. Que le premier est plus important que le second. Mais ce jugement de valeur, erroné ou non n'a pas lieu d'être. Ce qui compte, c'est la réalité des ventes, au volume énorme. Le jeu vidéo n'est plus un épiphénomène et il n'y a pas de raison que le ludique interactif soit réservé au visuel, puisqu'il est adaptable. Il existe certes, quelques développeurs qui conçoivent des jeux audios. Mais aussi bons que puissent être ces derniers, on atteint pas l'exaustivité dans le genre et le nombre, que permettent les millions d'Euros et les millions de développeurs. C'est un début, mais les studios traditionnels doivent maintenant prendre cette problématique en compte et s'allier avec les précurseur du genre dans le jeu audio.

mercredi 27 mai 2009

Google Chrome 2 et accessibilité.

Google Chrome, le navigateur lancé par le célèbre moteur de recherche en septembre 2008, à dépassé il y a quelques jours la phase beta pour arriver dans une version 2, donnée pour stable. Par acquis de conscience, j'ai installé cette dernière version sur ma machine. Le constat est simple:
Jaws version 10, Windows Eyes 6.1 et NVDA 2944, sont capables de donner le nom de la fenêtre: "Google Crhome", - ça c'est cool! - lire le menu contextuel, - magnifique! - et pour Jaws et NVDA lire à chaque changement d'onglet de façon automatique, le titre de la page Web - sublime! - alors que Windows Eyes est plus fénéasse, n'acceptant de le donner que si on lui demande. Ah, j'allais oublier les boîtes de dialogues qui sont aussi lisibles.
...
En somme, on sent que les équipes de Mountain View chargées de l'accessibilité des produits Google ont bossées dur, pour en arriver à un si formidable résultat. Oui parce que chez Google, il y a vraiment des personnes qui sont chargées de cette mission. M'enfin, peut-être qu'ils pensaient avec raison que la barre de menu et l'accès aux pages webs, c'était secondaire. Ou qu'ils étaient en vacances. J'arrive pas à me décider.
En conclusion, la version 2 et si même je m'en doutais en voulant espérer tout de même, n'aura rien fait avancé du tout concernant l'accessibilité.

mardi 26 mai 2009

BlueEyes ou le guidage via Bluetooth dans les transports en commun, test.

Initialement relayé par l'APAM (Association pour les Personnes Aveugles ou Malvoyantes), une expérimentation lancé par la RATP visant à tester le dispositif BlueEyes, était déployé il y a de cela quelques jours. Ayant participé à un des essais, voici des explications concernant le mode de fonctionnement théorique, mais aussi de ce que ça donne dans les faits.


BlueEyes, c'est quoi?

Le système BlueEyes se compose de deux éléments:
1. Un logiciel installé sur un téléphone mobile (se cantonnant pour le moment à l'OS Symbian=téléphone Nokia pour vulgariser,) représentant l'interface de sélection+guidage,
2. ainsi que de balises Bluetooth cadrillant l'utilisateur afin de pouvoir détecter sa position et renvoyer au logiciel les informations en conséquence.
Après être arrivé dans une gare, on renseigne le logiciel du nom de cette dernière dans le champs Station de Départ et on indique la destination d'arrivée. L'idée est de bénéficier d'un guidage dans les couloirs même de la gare afin de ne plus se demander à chaque intersection, s'il faut aller tout droit, à gauche ou à droite. Trois choix en tout, c'est presque dans le meilleur des cas d'ailleurs, mais je m'égard. Grâce à ce dispositif donc, la RATP à pour ambition d'aider les non ou mal-voyants et plus généralement toutes personnes légèrement déroutée par certains dédales de couloirs.


Et alors, ça marche?

Oui. Mais:
C'est pas drôle s'il n'y a pas de mais, n'est-ce pas?
Actuellement, le déploiement du système est à la mesure de l'avancement du projet. Encore plutôt réduit en terme de couverture. En effet, pour que cela puisse fonctionner efficacement, il est nécessaire qu'un maximum de gares soient équippées de balises Bluetooth. Le logiciel n'en proposait que quatre. Peut-être la liste n'était-elle volontairement pas complète, quoiqu'il en soit je doute qu'on retrouve ces points de repères électroniques en grand nombre pour le moment. Et c'est normal, mais s'il devait y avoir un jour déploiement grand public, l'enjeux majeur serait la zone de couverture et le calibrage d'un maximum de ces balises Bluetooth.
Je parle ici de calibrage, car durant le test il est arrivé que je reçoive des informations erronées. Parfois, le logiciel recevait le signal de balise servant à corriger une mauvaise trajectoire alors que j'allais au bon endroit. Ceci parce que la balise erreur émettait probablement trop fortement. On constate ici le double tranchant de la portée du signale Bluetooth, en sachant qu'on a besoin que le téléphone puisse le récupérer d'assez loin, mais pas de trop pour éviter les faux positifs. Le second point réside dans l'exactitude du message déliivrée par la balise, qui nécessite une précision redoutable pour ne pas créer de confusion et de contradiction avec la suivante. Toujours dans le cadre du test, une balise m'indiquait lorsque j'arrivais aux escaliers menant à la sortie de la stations, de faire demi tour malgré le fait que j'étais correctement arrivé. Ceci relève cette fois plutôt d'une faute d'attention humaine dans la programmation des messages, ce qui est facilement corrigeable. Mais lors d'un déploiement plus conséquent, gare à ce types d'étourderies.

Quand au reste, cela me paraît convaincant. On peut bien sûr apporter des modification cosmétique à l'interface du logiciel, y ajouter quelques options comme Trajet de Retour, le rendre compatible à d'autre système d'exploitation pour Smartphone, pour autant le plus important réside dans le déploiement et le calibrage. Sans cela, point de salut.
Pour infos, le logiciel présente une interface très minimaliste qui n'est pas opposé à efficacité, vocalisé par Mobile Speak - donc pas de vocalisation interne ce qui n'est peut-être pas plus mal - et Iéna ainsi qu'Alma-Marceau était mes gares de test.

Tant que j'y suis, entrre la gare et le téléphone mobile, je vous conseil si vous êtes souvent amenés à prendre les transports en commun, l'excellent logiciel Metro, qui vous aidera entre autre à planifier vos trajets en toute mobilité et avec foultitude d'options indispensables. Désolé pour la pub contextuelle.